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Problèmes courants de santé chez les séniors : comment les prévenir ?
Selon l’INSEE, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie ne cesse de croître. En 2021, on recensait déjà 2 millions de personnes dépendantes, et ce chiffre pourrait atteindre 2,8 millions de seniors à l’horizon 2050. Cette hausse s’explique par le vieillissement continu de la population, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu’en 2070 avant d’amorcer une baisse.
Mais derrière ces chiffres, il y a une bonne nouvelle : de petits changements du quotidien peuvent réellement améliorer la qualité de vie d’une personne âgée et l’aider à rester autonome plus longtemps. Avec l’âge, les seniors font en effet face à des problèmes de santé liés au vieillissement, mais aussi à des habitudes de vie accumulées au fil des années.
Dans cet article, nous vous partageons des conseils concrets pour prévenir ces problèmes de santé. Nous mettons ensuite en lumière les troubles les plus courants et les différents types de prévention à mettre en place au quotidien.
Comment prévenir les problèmes de santé à l’âge adulte ?
Prévenir les problèmes, c’est avant tout adopter des habitudes de vie saines avant que les effets du vieillissement ne s’installent. Dès 40 ans, le corps connaît en effet plusieurs transformations, qu’il s’agisse de la peau, des hormones ou encore d’une tendance plus marquée à stocker les graisses. C’est donc à cette période qu’il devient essentiel de prendre soin de sa santé pour favoriser un vieillissement harmonieux.
Pour cela, il est important d’adopter 6 habitudes pour bien vieillir :
- Des exercices physiques réguliers : marche, natation, yoga doux — au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine selon l’OMS.
- Une alimentation saine et équilibrée : réduire le sel, le sucre, et les graisses saturées ; privilégier les fruits, légumes, et protéines maigres.
- Un suivi médical régulier : bilans annuels, dépistages précoces, vaccinations à jour.
- Un soutien social : maintenir des liens sociaux actifs pour prévenir l’isolement et la dépression.
- Prendre soin de son sommeil : un sommeil de qualité favorise la mémoire, la santé physique et la santé émotionnelle.
- Travailler sa mémoire : faire des mots croisés ou des jeux qui nécessitent un travail de votre mémoire. La mémoire est un muscle à entretenir tout au long de sa vie.
Quelles sont les aides techniques existantes pour éviter de développer des maladies ?
Des équipements d’aide à la mobilité et à l’équilibre
Ils permettent de prévenir les chutes et d’éviter un déclin fonctionnel :
- cannes
- déambulateurs
- chaussures adaptées
- barres d’appui
- monte-escaliers
- fauteuils roulants selon les besoins
Des dispositifs d’aide pour la vue et l’ouïe
Afin d’éviter le déclin cognitif :
- lunettes et aides visuelles
- appareils auditifs
- loupes électroniques
- éclairage renforcé
- téléphones amplifiés
Des outils de suivi de la santé
Ils permettent de prévenir des problèmes de santé comme l’hypertension, le diabète, l’insuffisance cardiaque :
- tensiomètres connectés ou non
- glucomètres
- balances de suivi
- oxymètres
- piluliers électroniques
- rappels de prise de médicaments
La téléassistance / téléalarme
Elles ne permettent pas de prévenir les maladies liées au vieillissement mais elles sont indispensables pour réduire les conséquences en cas d’incident grave. Le service de téléassistance intervient en cas d’incident grâce aux dispositifs de téléalarme.
- bracelets d’alerte : il permet d’envoyer une alerte au service de téléassistance grâce à un simple appui sur un bouton présent sur le bracelet.
- détecteurs de chute : lors d’une chute lourde, le détecteur de chute enclenche automatiquement une alerte auprès du centre de téléassistance.
- capteurs de mouvement à domicile : ils permettent de suivre l’activité d’une personne à distance et de savoir si cette personne se comporte normalement.
- vidéosurveillance : les proches aidants peuvent voir ce qui se passe à distance et le centre de téléassistance peut effectuer une levée de doute en cas d’alerte remontée par le dispositif de téléalarme.
Aménagements du domicile
L’aménagement du domicile joue un rôle important dans la prévention de la perte d’autonomie, ces adaptations agissent surtout contre les chutes et les accidents domestiques :
- sièges de douche
- tapis antidérapants
- rehausseurs de toilettes
- lits médicalisés
- éclairage automatique
- suppression des obstacles dans le logement
Technologies numériques de prévention
De nouvelles solutions de prévention numérique se développent pour suivre et analyser l’état de santé des personnes âgées :
- applications de stimulation cognitive
- plateformes de télésuivi
- programmes d’activité physique guidée à distance
Quels sont les problèmes de santé courants chez les personnes âgées ?
D’après Santé publique France, les maladies chroniques les plus lourdes chez les plus de 65 ans sont les pathologies cardio et neuro-vasculaires, les troubles neurocognitifs majeurs comme la maladie d’Alzheimer, les maladies respiratoires chroniques, le diabète et le cancer du poumon. Une caractéristique marque particulièrement les personnes vieillissantes : la polypathologie, c’est-à-dire plusieurs maladies présentes en même temps. Voici ce qu’il faut retenir de chacune :
Les problèmes cardio-vasculaires
Le cœur et les vaisseaux sanguins figurent au premier rang des préoccupations. Avec l’âge, plusieurs troubles apparaissent souvent :
- L’hypertension artérielle (HTA) : une pression trop élevée dans les artères. Elle passe fréquemment inaperçue, d’où l’importance d’un contrôle régulier de la tension.
- L’insuffisance cardiaque : le cœur pompe moins efficacement, ce qui entraîne fatigue, essoufflement et gonflement des jambes.
- L’infarctus du myocarde : une artère du cœur se bouche brutalement. C’est une urgence vitale qui nécessite un appel immédiat au 15.
Une tension surveillée, une alimentation pauvre en sel et une activité physique adaptée réduisent nettement ces risques.
Les maladies neuro-vasculaires
Ces maladies touchent la circulation sanguine du cerveau. La plus connue est l’accident vasculaire cérébral (AVC), provoqué par un vaisseau bouché ou une hémorragie.
Les signes à connaître impérativement : un visage qui se déforme, un bras qui ne se lève plus, une parole troublée. Face à ces symptômes, chaque minute compte : appelez le 15 sans attendre. Les séquelles possibles (paralysie, troubles du langage, perte d’autonomie) dépendent directement de la rapidité de la prise en charge.
Les maladies neuro-cognitives
Les troubles cognitifs majeurs, autrefois appelés démences, affectent la mémoire, le raisonnement, le langage et l’orientation. Ils progressent lentement et retentissent sur les gestes du quotidien : gérer ses papiers, préparer un repas, retrouver son chemin.
Un repérage précoce permet d’adapter l’accompagnement, d’organiser des aides à domicile et de préserver la sécurité de la personne. Un simple bilan mémoire chez le médecin peut faire toute la différence.
La démence et Alzheimer chez les personnes âgées
La maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de trouble neurocognitif majeur. Elle évolue en plusieurs phases :
- Au début : oublis répétés, difficultés à retrouver ses mots, désorientation dans le temps.
- À un stade intermédiaire : perte de repères, changements d’humeur, besoin d’aide pour les tâches quotidiennes.
- À un stade avancé : perte d’autonomie importante nécessitant une présence continue.
Comprendre cette progression aide à anticiper les besoins, à sécuriser le logement et à solliciter les bons soutiens au bon moment. Vous n’êtes pas seul face à cette maladie : des dispositifs existent pour vous épauler.
Les maladies respiratoires chroniques
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est la principale maladie respiratoire chez les séniors. Elle se traduit par un essoufflement progressif, une toux persistante et une gêne à l’effort.
Le tabac reste le premier facteur de risque, même après plusieurs décennies. L’arrêt du tabac, à tout âge, ralentit l’évolution de la maladie. La vaccination contre la grippe et les infections respiratoires protège aussi les poumons fragiles.
Le diabète
Le diabète de type 2 est le plus courant chez les personnes vieillissantes. Il correspond à un excès de sucre dans le sang, souvent silencieux au départ.
Sans surveillance, il expose à des complications sérieuses : problèmes de vue, atteintes des reins, plaies aux pieds qui cicatrisent mal, risques cardiovasculaires accrus. Une surveillance glycémique régulière, une alimentation équilibrée et une activité physique douce permettent de bien le contrôler au quotidien.
Le cancer du poumon
Le cancer du poumon touche fréquemment les séniors, avec le tabagisme comme principal facteur de risque, y compris passif. Une exposition professionnelle passée (amiante, certains produits) peut aussi jouer un rôle.
Une toux qui s’installe, un essoufflement inhabituel ou une fatigue persistante doivent conduire à consulter. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les possibilités de traitement s’améliorent. Le dépistage précoce reste un allié précieux.
Quels sont les 4 types de prévention ?
La prévention ne se limite pas à éviter la maladie. La santé publique distingue quatre niveaux complémentaires, chacun mobilisant des acteurs différents. Comprendre ces niveaux vous aide à agir au bon moment pour votre proche.
La prévention primaire : agir avant la maladie
Objectif : empêcher l’apparition d’une maladie. Cela passe par la vaccination (grippe, zona, pneumocoque), une activité physique régulière et une alimentation équilibrée.
Exemple concret : accompagner votre mère à sa vaccination antigrippale chaque automne et l’encourager à marcher 30 minutes par jour.
Acteur clé — le médecin généraliste : il coordonne le calendrier vaccinal, conseille sur l’hygiène de vie et repère les facteurs de risque à mi-vie.
La prévention secondaire : détecter et traiter tôt
Objectif : identifier une maladie dès ses premiers signes pour agir vite. Cela repose sur les dépistages réguliers et les bilans de santé annuels.
Exemple concret : un bilan annuel avec contrôle de la tension, de la glycémie et un test mémoire permet de repérer une anomalie avant qu’elle ne s’aggrave.
Acteurs clés — le médecin et l’infirmier : ils réalisent les dépistages, assurent le suivi des résultats et orientent vers les spécialistes si besoin.
La prévention tertiaire : limiter les complications et prévenir les chutes chez les personnes âgées
Objectif : mettre en place des séances de rééducation et de suivi des maladies chroniques pour réduire les séquelles d’une maladie déjà installée et préserver l’autonomie.
Exemple concret : après un AVC ou pour prévenir les chutes, des séances de kinésithérapie renforcent l’équilibre et la mobilité. Un aménagement du logement (barres d’appui, tapis antidérapants) complète efficacement cette démarche.
Acteurs clés — le kinésithérapeute et l’assistant social : le premier travaille la mobilité et l’équilibre ; le second facilite l’accès aux aides et aux services à domicile.
La prévention quaternaire : éviter les soins inutiles
Objectif : protéger la personne d’examens, de traitements ou d’hospitalisations superflus, voire dangereux. Chez les séniors, la sur médication représente un vrai risque.
Exemple concret : faire réviser régulièrement l’ordonnance de votre proche pour supprimer les médicaments devenus inutiles ou mal tolérés.
Acteurs clés — le médecin et le pharmacien : ils vérifient la cohérence des traitements, repèrent les interactions et limitent les hospitalisations évitables.
Agir aujourd’hui pour vieillir mieux demain
Retenons l’essentiel. Les principaux problèmes de santé des séniors — troubles cardio et neuro-vasculaires, maladies neuro-cognitives et Alzheimer, maladies respiratoires chroniques, diabète et cancer du poumon — partagent un point commun : ils se surveillent et se préviennent d’autant mieux qu’on agit tôt. La prévention précoce, déclinée en quatre niveaux, offre un cadre clair pour préserver la santé et l’autonomie de votre proche.
